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Discours

Discours de la Présidente Dalia Grybauskaitė prononcé lors de l’ouverture de la Conférence de haut niveau «Les femmes dans le renforcement de la démocratie. Les meilleures pratiques»

Mesdames les Présidentes et Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les Premiers ministres, Mesdames les Présidentes et Messieurs les Présidents des Parlements,


Chers invités, Mesdames et Messieurs,


C'est un grand honneur pour moi de vous saluer, tous réunis ici à Vilnius, à la réunion de haut niveau «Les femmes dans le renforcement de la démocratie. Les meilleures pratiques». Cette rencontre est de haut niveau, non seulement par la participation de nombres de femmes leaders politiques inspirantes et de membres du Conseil des femmes leaders du monde, mais aussi parce que nous tous - les politiciens, les membres de l'ONG, les académiciens des Universités, les entrepreneurs, les artistes et les créateurs des visions d'avenir, nous sommes des experts de haut niveau dans nos domaines de travail. Votre grande expérience dans la mise en œuvre de meilleures pratiques apportent des résultats, et j'ai la forte conviction que nous sommes en mesure d'appliquer cette expérience des meilleures pratiques dans différents endroits et dans différents cas.


Ce forum est un endroit de rencontre des femmes leaders et de femmes de différents milieux, avec leurs différentes expériences, mais avec le même objectif - prouver qu'un leader actif et créateur peut changer le monde, même dans les conditions les plus défavorables. En vous invitant ici, nous avons voulu vous offrir une opportunité d'exposer des problèmes, de partager des exemples de meilleures pratiques et d'histoires de réussite et d'exposer les meilleures solutions. Ce forum est une opportunité unique de présenter vos propositions: quelles mesures efficaces faudrait-il prendre afin d'atteindre l'égalité des chances, la liberté économique des femmes et une société sans violence et sans peur.


Comme reflété dans le titre de cette Conférence, il est impossible de s'imaginer la société démocratique sans la participation des femmes. Aujourd'hui, je invite à nous baser sur trois questions essentielles: les femmes dans la politique, les femmes dans l'économie et la violence envers les femmes.


Premièrement, les femmes dans la politique. De plus en plus de femmes participent à la vie politique. Elles sont élues en tant que maires, Présidentes du Parlement ou même Présidentes. Les Nations Unies comptent 192 pays membres: actuellement, dans douze de ces pays, des femmes occupent un poste de Présidente, dans douze autres, un poste de Premier ministre et pour finir, dans huit autres, un poste de Présidente du Parlement.


Souhaitant devenir des leaders dans la politique, dans les affaires ou dans l'art, quoi qu'elles fassent, les femmes sont obligées de s'afférer à leurs tâches deux fois plus que les hommes, et ceci pour être considérées à une moitié équivalente au travail des hommes. Malgré cela, avec une telle perception, les femmes sont motivées pour atteindre de nouvelles hauteurs.


Même si l'on adopte de meilleurs lois ou de meilleurs codes, la suprématie des lois, de jure, et, cette perception mentionnée, de facto; les femmes sont obligées de lutter pour leurs droits élémentaires, par exemple, conduire une voiture ou voyager indépendamment. L'un des moyens de changer cela, est de montrer un exemple.


Il y a quelques mois, les femmes en Egypte sont sorties dans les rues en exigeant plus de démocratie. Cependant, s'il n'est pas perçu que les femmes doivent faire partie des changements dans la société, il ne sera pas possible d'espérer de vrais changements du système.


Le manque d'éducation, la sous-estimation des capacités des femmes et la discrimination par rapport aux rémunérations, restreignent la liberté économique des femmes.


Je vais vous présenter l'exemple de la Lituanie. D'une part, la Lituanie est le premier pays dans l'UE par rapport à l'éducation supérieure acquise par des femmes. 91 pour cent de femmes en Lituanie ont acquis une éducation secondaire et supérieure. Mais d'autre part, la Lituanie est en retard sur le nombre de femmes dirigeantes d'entreprises. C'est un paradoxe. Moins de 17 pour cent de femmes occupent des postes de directeurs généraux et seulement 18 pour cent de femmes sont membres de notre Parlement.


Les rémunérations des femmes en Lituanie sont de 20 pour cent inférieures à celles des hommes exécutant le même travail.
Généralement, les recherches démontrent qu'en supprimant le problème de la discrimination des salaires dans l'UE, le PIB pourrait accroître de 30 pour cent. Ces chiffres sont indiqués dans les pays développés. Il suffit d'imaginer quel niveau pourrait atteindre la croissance économique dans les démocraties émergeantes et dans les régions d'insurrection, si les femmes étaient incluses aux monde des affaires et si leurs salaires étaient équivalents par rapport aux hommes.


La violence envers les femmes - l'une des transgressions les plus courantes des droits de l'homme. Les formes de violence peuvent être physique, sexuelle, psychologique ou économique. Elles ne dépendent pas de l'âge, de la race, de la culture, de la situation financière ou de l'endroit. Tout cela crée une atmosphère de peur dans la société.


Afin de bâtir une démocratie, nous avons besoin de nombreux liens dans la société et de diverses relations entre les citoyens. En aucun cas, il ne faut pas en avoir peur. La démocratie n'est pas possible où il existe un manque de respect réciproque entre tous les membres de la société, où tous ne sont pas protégés de la violence, et où le trafic des êtres humains existe. Il est très facile de nier l'existence de ce problème, car la violence est souvent cachée ou ignorée, et l'attention accordée à ce problème n'est pas suffisante lors des discussions politiques.


La violence envers les femmes s'exprime à la maison, dans la rue, à l'école, au travail, pendant une période de paix ou de conflits.


La Lituanie a eu besoin de 20 ans pour adopter une loi portant sur la protection contre la violence. Je considère l'adoption de cette loi comme un grand pas sur la voie de l'ancrage de la démocratie et de la création d'une société sans peur. Dans l'élaboration de cette loi, les spécialistes ont analysé divers exemples des meilleures pratiques, comme ceux de l'Espagne, de la Grande Bretagne et d'autres pays. Nous sommes parvenus à cet objectif en suivant des exemples positifs de nos voisins et avec leur soutien.


Pour cette raison, je vous demande de partager vos expériences, non seulement en soulevant des problèmes ou des questions, mais également en recherchant des réponses. Je crois que dans la plupart des cas, il est plus facile de reprendre une pratique existante que d'en inventer une nouvelle.


Je suis convaincue qu'il serait plus facile de résoudre les problèmes mentionnés, si nous, les femmes, nous assumions davantage de responsabilités dans la politique, dans l'élaboration et dans la mise en œuvre des politiques.


Je vous invite à partager lors de ce forum nos histoires de réussite et les meilleurs exemples de nos expériences. J'espère que nous pourrons transmettre ces exemples de meilleures pratiques aux personnes qui nous regardent en direct et communiquer ce message à travers le monde entier.


Je vous souhaite des débats fructueux, des idées innovantes et des leçons utiles.

Dalia Grybauskaitė, Président de la République de Lituanie

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La Présidente Dalia Grybauskaitė achève sa visite de travail à Chicago



 

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