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Discours

Communication annuelle de la Présidente de la République de Lituanie Dalia Grybauskaitė

Chers Lituaniens, chers participants à la séance,


Je me réjouis de tout cœur de vous rencontrer de nouveau.


Je considère ce rapport, particulièrement important pour moi, non seulement comme une obligation constitutionnelle mais d'abord et avant tout comme une opportunité pour nous tous de ralentir, s'abstraire des problèmes quotidiens, des conflits et des scandales, et parler de questions sérieuses pouvant déterminer notre présent et le demain de nos enfants.


Je suis partisane d'une parole constructive. Je parle pour que nous transformions les paroles en actes, et les actes en résultats.


Voilà comment je comprends le but et la signification du rapport annuel du Président prévu par la Constitution. Par conséquent, en préparant la réunion d'aujourd'hui, j'ai décidé de me retourner brièvement sur 2010 afin que nous évaluions ensemble les fruits du discours de l'an dernier.


Il y a exactement un an, j'énonçais dans mon premier rapport annuel le fléau le plus douloureux de notre société : la déshumanisation de l'État. J'ai passé en revue les problèmes les plus importants qui en découlent. J'ai proposé une voie : le renforcement du principe de la suprématie inconditionnelle de l'homme dans tous les travaux, plans et décisions.


Le flot d'appels téléphoniques, de lettres et de messages que j'ai reçus de Lituaniens ordinaires, de fonctionnaires, d'hommes politiques et d'observateurs politiques, m'ont réjoui. Il signifiait que dans notre pays nous ressentons tous la même chose, nous comprenons les problèmes de la même manière et nous voyons les mêmes solutions.


Par conséquent, nous pouvons travailler ensemble dans un but commun : l'État et ses habitants. Ce n'est qu'en nous accordant sur cette priorité, la plus importante de toutes, que nous cesserons de nous agiter et que nous serons en mesure de définir de manière responsable une orientation claire pour une réflexion unie et stratégique.


Nous mettrons également de l'ordre dans le processus législatif : nous le rendrons plus clair, plus transparent et plus efficace. Nous l'orienterons pour travailler non pas pour une administration en particulier, un groupe ou un groupuscule, mais pour le peuple, la société et l'État.


Quelle distance avons-nous parcouru dans cette direction ?

 

Je vais parler avec des faits.


Au cours de l'année, j'ai retourné douze fois au Seimas pour réexamen des lois adoptées par celui-ci.


Je l'ai fait car je devais arrêter l'initiative des lobbyistes de l'alcool pour essayer de remplir les poches des magnats de l'industrie de l'alcool avec une centaine de millions de litas au détriment du budget de l'État. Nous, la société et l'État, aurions perdu autant de millions.


J'ai dû renvoyer les lois sur la terre et la réforme agraire, car je ne pouvais pas permettre de risquer un bien qui appartient à tous les Lituaniens.


La semaine dernière, j'ai aussi renvoyé pour réexamen les amendements de la loi sur les forêts. Je ne pouvais pas approuver la légalisation de dispositions qui aurait permis une dévastation imprévisible et ingérable des forêts et à une urbanisation. Approuver que les forêts soient aussi retirées aux gens comme cela s'est produit avec les plus beaux rivages et berges de la Lituanie.


J'ai rencontré de tels cas législatifs ou des cas législatifs semblables, comme je l'ai déjà indiqué, 12 fois. Le Seimas n'a pas rejeté onze de mes vetos, et j'espère qu'il entendra aussi les arguments de poids présentés dans le cas du dernier veto concernant la loi sur les forêts.


J'en conclus que, lorsque des lacunes sont apparues et que des rectifications ont été présentées, les membres du Seimas ont entendu les arguments. Cela signifie qu'une coopération est possible et qu'elle a été fructueuse bien que pas toujours simple et rapide.

 

Mesdames et messieurs,


Je n'ai pas l'intention de me contenter uniquement d'une évaluation, de regrets sur les faibles progrès et d'une condamnation de coupables anonymes. Indépendamment des autres domaines, nous ne pouvons pas, dans le domaine législatif, attendre encore un an pour évaluer la situation une nouvelle fois. Par conséquent, je serai cohérente et déterminée pour obtenir un résultat : une nouvelle approche et une nouvelle qualité des lois.


Si on me présente à signer une loi préjudiciable à la société, j'y mettrai mon veto. Je proposerai des solutions constructives pour améliorer et éclaircir notre vie, et non pas appauvrir les gens et les pousser au désespoir ou à l'espoir à l'étranger.


À chaque fois que me sera présentée une loi commandée par un groupe quelconque, une loi sentant la corruption ou simplement la bêtise, je m'intéresserai personnellement à son origine. Je demanderai personnellement à quel niveau de la chaîne du processus sont apparues des dispositions douteuses.


On dit qu'un peuple doit connaître ses héros. Cependant, il lui faut aussi connaître ses malfaiteurs, ses ignorants, et surtout ses vendus. Il le faut pour nettoyer la fonction publique, en chasser ceux qui sont venus non pas pour servir mais pour commercer avec les lois, les autorisations, les décisions et, le pire de tout, la confiance des gens dans l'État.


Oui, je parle une fois de plus de corruption.


J'ai parlé il y a un an de cela de notre incapacité terrible, profondément enracinée et difficilement curable.
Je rappellerai une phrase : je parlais des problèmes de sa propagation et de l'impunité, j'avais informé que plus de sept cent enquêtes préliminaires avaient été ouvertes pour corruption. Toutefois, aucun corrompu n'avait été condamné à une privation de liberté.


Qu'est-ce qui a changé depuis juin dernier ?


Le premier chiffre est resté le même : plus de sept cent enquêtes préliminaires ont de nouveau été ouvertes pour ces mêmes faits de corruption. Cependant, 18 condamnés se sont réellement retrouvés en prison pour pot-de-vin : 6 pour avoir accepté des pots-de-vin et 12 pour corruption.


Est-ce une victoire ? Bien sûr que non.


Tout d'abord, ceux qui sont derrière les barreaux ne sont pas les seuls ni les derniers à avoir commis un tel acte. Je respecte la présomption d'innocence, mais j'ose pourtant affirmer qu'il y a plus de corrompus en liberté que derrière les barreaux. Les enquêtes effectuées par les services spéciaux et l'expérience des personnes, avec lesquelles je parle souvent, le montrent.


Deuxièmement, nous essayons non pas d'en mettre le plus possible en prison mais d'empêcher et de prévenir de tels actes. Selon moi, nous avons bien progressé dans cette direction durant l'année.


Je remercie le Seimas d'avoir entendu mon appel de l'année dernière, il a soutenu mes efforts pour commencer une lutte cohérente et systématique et il a approuvé sur le fond toutes mes propositions visant à créer dans le pays un environnement où frauder et voler seraient non seulement mauvais mais aussi non rentable.


Ma proposition, adoptée par le Seimas, d'allonger les délais de prescription restreindra les possibilités d'éviter les peines méritées. De plus, il ne reste plus d'encouragement à faire traîner les affaires.


J'ai proposé d'augmenter les amendes pour les crimes économiques et ces amendements ont déjà été légalisés.
Nous avons réussi à convaincre le Seimas d'approuver mes propositions d'amendements du Code pénal qui introduisent la responsabilité pour l'enrichissement illégal et donnent la possibilité d'une confiscation étendue des biens.


Grâce à ces amendements, nous avons renoncé à la doctrine à court terme du « pas pris - pas voleur ». L'incapacité à attraper un voleur ne le rend pas juste. Par conséquent, nous avons donné à l'État le droit de s'intéresser à l'origine des biens inexpliqués.


Nous avons affirmé le droit de l'État à confisquer tous les biens illégalement acquis, y compris ceux qu'on essaie de cacher sous le nom de membres de sa famille ou d'un complice.


Avec ces décisions, nous n'obligerons pas seulement à calculer le profit et le risque possibles d'une activité criminelle. Grâce à elles, nous apporterons à l'appareil judiciaire - et nous l'avons déjà apporté - un nouvel instrument efficace. Nous pourrons bientôt exiger des résultats concrets.


Ainsi, nous avons envoyé un signal clair à ceux qui, jusqu'à aujourd'hui, se moquent en secret, et parfois même ouvertement et avec insolence, de la société et de l'État. Nous les avons prévenus : cette fois-ci, nous ne faisons pas que parler. Cette fois-ci, nous agissons. Nous utiliserons tous les pouvoirs de l'État pour défendre sa propriété et son honneur.


Et nous porterons une attention particulière à la qualité des combattants eux-mêmes : leur compétence, leur professionnalisme et, en premier lieu, leur honnêteté.


J'ai proposé de modifier la loi sur la fonction publique, la loi sur la prévention de la corruption et la loi sur les activités opérationnelles. Nous avons renforcé les barrières afin que les personnes insuffisamment compétentes et à la réputation particulièrement douteuse ne puissent pas occuper les postes dans les ministères, les municipalités, les parquets ou les entreprises publiques, où les propositions sont préparées et les décisions prises.


Je ne doute pas qu'il faille un nouveau souffle aux institutions judiciaires et aux services spéciaux.


C'est pourquoi je remercie le Seimas qui a soutenu mon initiative pour établir les mandats des fonctionnaires. Je crois que cela ébranlera le système et encouragera les aspirations professionnelles des fonctionnaires talentueux et créatifs. Cela aidera également à surmonter ce qui semblait jusqu'à présent insurmontable : le syndrome dangereux d'un poste occupé à long terme, d'où il n'y a qu'un pas vers la « toute puissance », l'impunité et la justice de clan.
Il y a encore du travail pour rendre la fonction publique et le secteur budgétaire transparent, et renforcer la responsabilité et le professionnalisme.


Je souhaiterais rapidement revenir ici une nouvelle fois sur mon rapport de l'an dernier. Notamment sur la partie où je parlais des tribunaux, de la stagnation du système, de la dégradation professionnelle, de l'arrogance ainsi que du besoin urgent de simplifier les procédures judiciaires et légaliser une représentation plus large de la société dans les tribunaux. Je parlais également de la nécessité d'ouvrir le système à de nouvelles personnes, de nouvelles approches et de nouveaux travaux.
Je sais que dans le contexte des scandales de ces derniers temps mon évaluation d'aujourd'hui peut résonner de manière inattendue. Mais, en regardant les événements et le travail de l'année, je dirai que la glace a bougé.


La loi modifiée sur les tribunaux a créé les conditions préalables à l'implication de la société dans le contrôle des activités administratives des tribunaux et des juges. Il faut que nous commencions à appliquer cette disposition légale dans la vie réelle afin que les organisations publiques elles-mêmes commencent à utiliser activement le droit de contrôle de l'administration des tribunaux. Le cas échéant, je suis prête à soutenir les efforts des acteurs publics pour se joindre à l'amélioration du fonctionnement du système judiciaire.


Il y a quelques temps, j'ai signé, de ma propre initiative, un décret sur une nouvelle procédure pour sélectionner les juges. Je sais qu'elle a déjà accéléré la procédure de sélection, complété leur équipe avec de nouvelles personnes à la bonne réputation et diminué la charge de travail des juges.


La semaine dernière, j'ai signé également les amendements de la loi sur les tribunaux visant à rendre le système judiciaire plus souple et accélérer les procédures de transfert et de nomination des juges. Les juges pourront être répartis de manière plus rationnelle et la charge de travail plus équitablement. La société pourra donc exiger non seulement un jugement des affaires plus rapide, mais aussi une meilleure qualité du travail.


Les récents scandales sur le comportement des juges sont honteux. Toutefois, ils ne doivent pas nous pousser au désespoir, car ce sont de vieux furoncles, longtemps recouverts par voile du secret de clan et qui sont enfin sortis au grand jour. Et cela signifie que nous nettoyons. Cela donne du poids à nos arguments et non pas à ceux des partisans de la fermeture du système.


Les pots-de-vin, les abus de pouvoir et la corruption sont des transactions qui impliquent au moins deux parties. Cela peut exister tant que nous, la société, nous le tolèrerons. La situation ne commencera à changer que lorsque le mécontentement de la société aura atteint une limite critique.


Je veux et je ferai mon possible pour que cela arrive le plus vite possible. Et je m'engage publiquement à toujours soutenir et encourager les initiatives des citoyens dans ce sens, car ce moment déterminant du « soit - soit » est aujourd'hui et non pas demain.

 

Mesdames et messieurs,


Nous vivons une époque particulière, où presque chaque domaine de notre pays et de notre société est marqué par des points critiques.


De même pour l'économie.


Nous respirons mieux depuis quelques temps, nous sommes heureux d'avoir réussi à éviter un effondrement financier. Nous avons maîtrisé la crise. Et nous l'avons fait beaucoup mieux que certains vieux pays européens membres de la zone euro. C'est une bonne nouvelle.


La croissance économique a largement dépassé les prévisions et atteint presque 7 %. Il s'agit d'une nouvelle sensationnelle. Je crois que chaque Lituanien le sentira avec le temps.


Toutefois, le plus important n'est pas les taux record de croissance, mais les sources de croissance.


L'an passé, notre économie a progressé surtout grâce à l'exportation, car les gens ont commencé à mieux vivre et à acheter plus dans les autres pays. Cette année, nous observons une nouvelle tendance : la consommation intérieure se redresse dans notre propre marché. Les attentes économiques commencent à s'améliorer. Cela signifie qu'on commence à retrouver un optimisme économique. On retrouve la confiance.


C'est maintenant que l'idée de solidarité acquiert une signification particulière. Par conséquent, tournons-nous vers ceux pour qui c'est le plus difficile. Portons notre attention sur les prix des produits particulièrement importants dans le panier du consommateur le plus modeste. Expliquons les raisons de leur augmentation. Ceux qui surveillent la concurrence doivent faire leur travail.


Examinons sérieusement la question du salaire minimum. Nous devons être prudents, mais nous ne pouvons pas être entêtés. Tenons la promesse de rétablir les retraites. Le système social attend de réelles réformes et non des concepts ou des repères sur papier.


Aidons les entreprises, surtout celles qui investissent dans l'avenir, créent de nouveaux emplois et aident ainsi l'État à transformer en réalité les attentes des gens et les opportunités du développement économique d'aujourd'hui.
Je sais que nous ne pouvons pas proposer d'aide financière ou des déductions fiscales importantes. Faisons toutefois ce que nous pouvons. Rappelons-nous nos projets : l'idée d'alléger les contraintes absurdes et la charge administrative, les mesures d'incitation aux entreprises. Hélas, cela fait bien longtemps que nous n'avons rien entendu sur les succès ou au moins les propositions des initiateurs du crépuscule de la bureaucratie et de l'aurore du monde des affaires. Ce n'est pas en 2020 ou en 2030 mais tout de suite au moment où l'économie retrouve un potentiel qu'un réel soutien lui est nécessaire. Par conséquent, j'exhorte donc tous les ministères, les services et les administrations à faire l'inventaire de leurs actions, leurs plans, leurs lignes directrices et leurs stratégies et à se concentrer sérieusement sur cet objectif.


Réglons également les problèmes du secteur du chauffage et commençons enfin à construire le terminal de gaz liquide, il y en a assez de piétiner. Cela ne peut être repoussé.


Il est également urgent qu'à partir de maintenant les marchés publics deviennent un processus transparent. La société et l'État doivent savoir ce qui est acheté avec leur argent et pourquoi. J'ai donc proposé des amendements à la loi qui prévoient la mise en place d'une réforme institutionnelle du Service des marchés publics garantissant une véritable indépendance de cette institution et l'efficacité de son action et établissant une procédure de publicité des appels d'offres qui ne permette pas aux organismes qui achètent de cacher les appels d'offres en cours.


Cela permettra de réduire les possibilités d'abus et créera des conditions pour engager la responsabilité administrative de toute personne violant les appels d'offres et pour leur infliger les sanctions adéquates. J'espère le soutien du Seimas.


Avec la reprise économique, l'optimisme et la confiance doivent aussi se retrouver dans les autres domaines : la culture, l'éducation, le secteur non-gouvernemental.


Je l'ai déjà dit au Seimas en présentant les lignes directrices sur les changements de la politique culturelle de la Lituanie et je le répète aujourd'hui : l'État a encore beaucoup à faire pour améliorer l'environnement culturel des gens, créer des conditions pour que toute la population connaisse un facteur qui nous unit tous, la culture, et en devienne ses créateurs. Il faut garantir la possibilité de lire des livres, aller dans les musées, les théâtres et les concerts, et voir des films. La culture n'est pas un luxe, la culture est le garant de notre unité sans laquelle ne survivraient pas notre démocratie, notre communauté, notre identité nationale, notre Lituanie.


Je soutiens l'humanisme de l'éducation comme une mission importante pour l'avenir : le système éducatif doit non seulement apporter des connaissances, mais aussi être sensible à chaque individu, aux capacités individuelles de chacun. Il doit inculquer un sentiment de confiance en soi, de solidarité et de fierté en son pays. Tout citoyen lituanien doit se sentir apprécié et capable de se réaliser.


Nous ne pourrons mettre en œuvre ces objectifs définis que lorsque la prospérité économique, la justice sociale et le respect de l'individu deviendront les objectifs stratégiques permanents et les plus importants ainsi que les décisions stratégiques de chaque gouvernement.

 

Mesdames et messieurs,


Cette année, nous célébrons le vingtième anniversaire du rétablissement de relations diplomatiques avec de nombreux pays. Ces anniversaires sont très importants pour moi, car j'ai moi-même contribué à la construction du service diplomatique lituanien et aux premiers pas de la diplomatie lituanienne.


Le fait que la Lituanie soit devenue membre à part entière de la communauté euroatlantique est le résultat le plus important de la politique étrangère de notre pays sur de longues années et le garant de sa continuité. Ces succès sont également renforcés par la présidence lituanienne de deux organisations internationales cette année : l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et la Communauté des démocraties.


L'adhésion à toutes les organisations internationales et tous les forums doivent aider à garantir un environnement favorable à la mise en œuvre des intérêts lituaniens les plus importants : la sécurité, la prospérité économique, l'indépendance énergétique et les bonnes relations avec les voisins.


Je me réjouis que la position active de la Lituanie, que j'ai fortement défendue, pour créer une nouvelle stratégie de l'OTAN ait apporté encore plus de garanties de sécurité plus spécifiques aux habitants de notre pays et à tous les pays baltes. Sept ans après l'adhésion à l'OTAN, nous avons des plans de défense pour les pays baltes.


Grâce aux efforts continus de la Lituanie, on a réussi à obtenir des garanties afin que les intérêts lituaniens ne soient pas enfreints dans le domaine de la défense anti-missile : les pays de l'OTAN continueront à être défendus par l'alliance. L'Europe ne sera pas divisée en zones géographiques.


Une adhésion productive à l'Union européenne est la priorité permanente de la Lituanie. Le principal succès de ces derniers temps est que la Lituanie et les pays baltes ne seront plus isolés du reste de l'Europe dans le secteur énergétique dès 2015. C'est notre objectif qui, grâce aux efforts actifs de la Lituanie, est devenu l'objectif de toute l'Europe. Toutefois, pour le mettre en œuvre nous devons réaliser des projets d'importance vitale de connexions avec la Suède et la Pologne, et construire le plus rapidement possible un terminal de gaz liquide.

 

Grâce à la participation active de la Lituanie à Bruxelles, l'Union européenne s'est fixée l'objectif de rendre tous les projets de centrales nucléaires déjà réalisés ou futurs conformes aux normes internationales les plus élevées. Les futures centrales nucléaires au voisinage de l'Europe, y compris les pays voisins à la Lituanie, doivent également répondre à ces normes de sécurité. Un nombre significatif de membres de l'Union européenne s'est déjà rassemblé derrière cette initiative lituanienne.


Les questions économiques des pays européens et l'indépendance énergétique ne sont que quelques domaines où nous intérêts coïncident avec les pays nordiques.


Le renforcement de la région de la mer Baltique reste une des principales orientations de la politique étrangère de la Lituanie. Nous sommes une partie intégrante de la région de la mer Baltique, nous avons des partenaires fiables avec lesquels nous sommes liés par les mêmes objectifs de développement régional. Il est naturel qu'une coopération dans tous les domaines avec l'Europe du Nord reste la priorité la plus importante.


Un voisinage constructif et stable est important pour la sécurité de la Lituanie. Par conséquent, la mise en œuvre avec la Pologne de projets stratégiques en matière d'énergie et de sécurité est importante pour nous.


Une Biélorussie indépendante est de l'intérêt de la Lituanie. Je me suis toujours prononcée et je continuerai à me prononcer pour un dialogue et une coopération avec les voisins. Toutefois, cela ne signifie pas qu'un comportement dirigé contre les principes démocratiques et violant les droits de l'homme puisse être toléré.


L'ouverture, la transparence et la continuité sont les caractéristiques invariables de la politique étrangère de la Lituanie. Nous nous basons sur ces principes pour la présidence cette année de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, et nous nous baserons aussi sur eux pour préparer la première présidence lituanienne de l'Union européenne qui s'approche.

 

Chers Lituaniens,


Nous débutons la troisième décennie de l'indépendance rétablie. Nous avons gagné la liberté, mais nous avons oublié qu'il faut continuer à la défendre. La défendre en renforçant chaque jour la démocratie.


Je suis certaine que nous sommes sur la bonne voie, c'est pourquoi je n'ai pas l'intention de la quitter. Je vois le début des changements et je ferai tout pour qu'ils se poursuivent avec succès.


L'année prochaine sera déjà plus facile pour l'économie du pays. Mais elle sera marquée en politique par les élections législatives. Je crois que la Lituanie est mûre pour les changements et qu'elle sera en mesure de ne pas céder au populisme.


Je m'adresse donc aux hommes politiques : je les invite à se battre non pas pour le pouvoir mais pour le pays, pour les gens qui le créent par leur travail quotidien.


Ramenons la confiance et créons une société forte qui résiste à la corruption et ne tolère pas le mensonge. Une société qui a des valeurs claires et qui sait les défendre.


Créons une Patrie que personne ne veut abandonner. Une Patrie dont nous languissons quand nous partons et vers laquelle nous nous pressons de revenir.

 

Merci de votre attention.

Dalia Grybauskaitė, Président de la République de Lituanie

  

Agenda

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10:30 Réception des lettres de créance de l’ambassadeur de Bulgarie (Palais présidentiel, 3 pl. S. Daukanto )

18:00 Participation de la Présidente au « Prix allemand de l’Economie 2013 » (35 av. Gedimino, Vilnius)

 

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Solution: Fresh media
 
 
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